Le Paradis des oiseaux

Verdier de Chine

La biologie des verdiers de Chine

 

Nom latin : Carduelis sinica 

 

 Aspect général :

            D'une taille d'environ 14 cm, le mâle, en phénotype sauvage, a, au niveau de la tête, le front et la couronne d'une couleur grise. Les joues sont gris noir tandis que le menton et la gorge sont jaunâtre. Ses yeux sont brun foncé et son bec conique est d'une couleur chair. Le ventre est brun clair, devenant blanc vers l'anus. Son manteau est d'une couleur brun verdâtre. Ses épaules sont brun vif, l'alula est noir et les régimes primaires sont noirs avec une bande jaune intensif tandis que les régimes secondaires présentent du blanc à leur base, devenant noir à leurs extrémités. Le croupion et la sous caudale est jaunâtre tandis que les rectrices sont noir brillant, s'éclaircissant légèrement à leur pointe. Les pattes sont d'une couleur chair tout comme les ongles. La femelle, quant à elle, a des couleurs plus pâles. Son manteau et sa poitrine est brun clair et sa bande alaire tout comme sa sous caudale est jaune clair, moins visible que chez le mâle.

            En captivité, le verdier de Chine se retrouve sous diverses mutations :

  • Brun (facteur lié au sexe et récessif)
  • Agate (facteur lié au sexe et récessif)
  • Lutino (facteur lié au sexe et récessif)

            Cet oiseau est généralement bagué en 2,7 mm.

 

=> Mâle:

=> Femelle:

 

=> Couple de verdiers de Chine (mâle à gauche, femelle à droite):

 

=>Verdier de Chine mâle mutation brune, photos prises lors du National UOF 2006:

Verdier de Chine mâle mutation brune

Verdier de Chine mâle mutation brune

 

 Habitat :

            Le verdier de Chine se retrouve dans la nature en Asie. Il habite dans les régions tempérées de la Chine, du Japon, de Taiwan et du Tibet. Il est possible de le trouver aux Etats-Unis durant le printemps.

            L'hiver venu, les verdiers forment des bandes vagabondes. En effet, il est plus erratique que véritable migrateur.

 

 Nidification :

            En captivité, le verdier de Chine va nicher dans des fagots de végétations suspendus dans la volière ou encore dans une cage d'élevage. Il peut utiliser des nids type canari, qu'il va garnir de fibres de coco, de charpie, d'herbes sèches, de plumes, de mousses, etc…, ou encore il peut construire son nid lui-même s'il dispose de cachettes. Seule la femelle construit le nid, encouragé par le mâle de son chant.

            Deux, voire trois couvées peuvent être réalisées chaque année, d'avril jusqu'en août. La femelle pond quatre à six œufs blancs rosés, que la femelle couve seule durant 13 à 15 jours, tandis que le mâle la nourrit au nid. L'élevage des petits est assuré par les deux parents, qui les nourrit principalement de graines pré décortiquées, de pâtée d'élevage pour canari, de plantes sauvages, etc… Les jeunes quittent le nid à quinze jours et sont sevrés vers trente cinq jours.

 

 Nourriture :

            Le verdier de Chine est essentiellement granivore. En captivité, un mélange pour canari lui convient, en ajoutant éventuellement des graines de tournesol. La pâtée pour canari complétera son menu, sans oublier la verdure et toutes les graines des plantes sauvages, tels que le pissenlit, le chiendent, la reine des près, le chardon, la salade. Il apprécie également les fruits et légumes, comme par exemple les fraises, pommes, poires, choux, endives, salades, etc… Pour éviter toute carence en calcium, un os de seiche et du gravier sera toujours à sa disposition.

 

La mue juvénile : la coccidiose.

            Au moment de la mue, les jeunes verdiers sont affaiblis par le renouvellement de leur plumage. C'est à cette période cruciale que la coccidiose peut faire des ravages, entraînant la mort des jeunes verdiers. Cette maladie intestinale est souvent transmise par les parents, porteurs de la coccidiose, et qui transmet cette dernière par l'intermédiaire de l'oeuf à leurs futures progénitures. La coccidiose est une maladie parasitaire interne, provoquée par des organismes unicellulaires appelés coccidies (protozoaires), colonisant la muqueuse intestinale des oiseaux, où ils se reproduisent directement. La présence de ces coccidies dans l'intestin peut être mise en évidence par une coproscopie (observation de fientes au microscope). Cette maladie se manifeste par une diarrhée verdâtre intense, avec amaigrissement de l'oiseau et apathie, et, au stade final, une mortalité entre la 5ème et la 10ème semaine après la naissance. Comme traitement préventif ou curatif, il existe des médicaments "anticoccidiens", comme par exemple Baycox, ESB3,  Trisulmix ou encore Océcoxil.

Dans le cas de l'océcoxil des laboratoires VIRBAC, l'association sulfadiméthoxine et pyriméthane permet une action bactéricide puissante, utilisé ainsi pour le traitement de la coccidiose et de la lankesterellose. Pour le traitement préventif, il faut ajouter 5 gouttes dans 60ml d'eau durant 3 jours par semaine de la 5ème semaine à la 10ème semaine de vie de l'oisillon. Dans le cas d'un traitement curatif, il s'agit du même dosage mais utilisé durant 5 jours d'affilés. Néanmoins, il ne faut pas administrer ce traitement chez les femelles en reproduction, dû fait que certaines espèces sensibles ne peuvent pas se reproduire en présence de sulfamides (car cela peut provoquer une stérilité temporaire).

D'autres traitements aussi efficaces sont sur le marché, tel que Baycox des laboratoires Bayer qui est un anticoccidien valable pour les canaris et petits oiseaux exotiques séjournant souvent au sol (Pytilies et autres Estrildidés), ou bien encore l'ESB3 qui est souvent utilisé par les éleveurs de Fringillidés ou de volailles. L'ESB3 est présenté sous la forme d'une poudre soluble dans l'eau. La substance active, la sulfaclozine, est un agent chimiothérapeutique et appartient au groupe chimique des sulfamides (comme l'océcoxil). S'ajoute également Trisulmix liquide, des laboratoires Coophavet, qui est une association de sulfadiméthoxine et de trimethoprime, dont la posologie est, en traitement préventif, 0,5 ml par litre d'eau, et, en traitement curatif, 1 ml par litre d'eau. La durée de ce traitement est de 5 jours consécutifs.

Après tout traitement anticoccidien, il est conseillé de donner, pendant 3 à 5 jours, un bon complément vitaminé aux oiseaux, avec éventuellement des probiotiques (comme par exemple Océproven des laboratoires Viguié-Virbac) pour reconstituer la flore intestinale qui protège naturellement l'oiseau contre les agressions microbiennes.

            De plus, la chaleur et l'humidité sont des facteurs de risque par rapport à cette maladie. Ainsi, si, dès le sevrage, les jeunes verdiers se retrouvent dans un endroit bien sec, la mortalité due à cette maladie est fortement diminuée ; associé avec un traitement préventif "anticoccidiens" utilisé dès le sevrage et jusqu'au début de la mue, le taux de mortalité sera quasiment nul. Il ne faut pas non plus oublier de bien nettoyer et désinfecter régulièrement la cage ou volière et les accessoires, afin d'éviter la contamination par les fientes.

NB : Les médicaments cités ci-dessus sont des anti-infectieux, ils ont une action antibactérienne et antiseptique. Les traitements "préventifs" répétés sans raison conduisent à l'inefficacité des produits et à l'accoutumance des oiseaux qui ne peuvent plus vivre sans médicaments. Faire dès lors attention à leur prescription. De plus, d'une façon générale, les sulfamides entraînent une stérilité provisoire ; il ne faut donc pas donner ce type de traitement pour les oiseaux en reproduction.

 

L'hybridation :

            Du fait de la ressemblance et de la proche parenté avec le verdier à tête noire (carduelis ambigua), il n'est pas rare de trouver des hybrides c. ambigua*c. sinica ou l'inverse. Les hybrides obtenus sont fertiles, pouvant ainsi polluer les « espèces pures ». Il en est de même avec les verdiers d'Europe. Ainsi je pense qu'il faudrait privilégier les accouplements « purs », les sujets verdiers de Chine et verdiers à tête noire devenant de plus en plus dur à trouver.

            Si vous voulez tenter l'expérience d'une hybridation avec le verdier de Chine (ou autre), je vous conseille de mettre, par exemple, un couple de verdiers de Chine avec plusieurs femelles canaris (dans le cadre du croisement c. sinica*s. canarinus, cf photos ci-dessous) ; ainsi vous pourrez avoir à la fois des jeunes verdiers de Chine et des hybrides.

 

=> Hybride verdier de Chine*canari:

 

 

Auteur de l'article : JONAS Grégory.

Photo et élevage de JONAS Grégory.

 



17/05/2007
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