Le Paradis des oiseaux

Le bouvreuil européen

La biologie des bouvreuils européens

 

Avant de commencer, il faut bien distinguer que :

-         Pyrrhula pyrrhula pyrrhula correspond au bouvreuil ponceau, qui est la forme nominale.

-         Pyrrhula pyrrhula europoea correspond au bouvreuil pivoine.

 

Aspect général :

            Pour une taille compris entre 18 et 20 cm avec un poids compris entre 32 et 34g pour le ponceau, et de 14,5 à 16 cm avec un poids compris entre 22 et 24g pour le pivoine, le bouvreuil présente comme caractéristique une allure trapue, accentuée par son bec court et massif qui lui a valu son nom de « petit boeuf ».

            En phénotype sauvage, le mâle présente un casque noir mat allant du bec jusqu'à la nuque. Le front, la couronne, l'occiput, le menton, les soies rictales à la base du bec, les lorums et le tour des yeux sont de couleur noire à reflets bleu acier. Le bec est également noir avec l'extrémité de la mandibule supérieure orientée vers le bas. Toute la partie dorsale, avec la nuque, le cou, les épaules et le dos sont de couleur gris bleuâtre. Les joues, la gorge, la poitrine et les flancs éclatent d'un rouge foncé pour la forme nominale (c'est-à-dire pour le ponceau), tandis que le pivoine orne une teinte plus rouge saumon. Le bas de l'abdomen, le croupion et les sous calottes sont blancs. Les régimes primaires et secondaires sont noires irisées de reflets noirs bleuâtres. Le blanc grisâtre des régimes primaires marque l'aile d'une bande claire. Les rectrices de la queue sont noires bleutées. Les pattes, fines, sont de couleur brun noire avec les ongles noirs.

            La femelle, quant à elle, porte la même livrée que le mâle, mais elle se différencie par un dos gris brun terne et par une poitrine brun grisâtre teinté de beige. Le pivoine est plus brun que le ponceau. Les juvéniles lui ressemblent fortement, à la différence près qu'ils n'ont pas de noir à la tête, et le gris du dos est fortement mêlé de brun.

            En captivité, le bouvreuil se retrouve sous diverses mutations :

  • Pastel (facteur lié au sexe et récessif)
  • Brun (facteur lié au sexe et récessif)
  • Brun pastel (facteur lié au sexe et récessif)
  • S'ajoutent les autres mutations non reconnues par la COM : Ino (facteur récessif autosomal) et Albinos.

            Le ponceau est bagué en 3,2mm tandis que le pivoine en 2,9mm.

 

=> bouvreuil pivoine mâle phénotype sauvage:

 

 

 

 

=> bouvreuil brun pastel mâle:

 

=> bouvreuil brun pastel femelle:

 

Habitat :

            Le bouvreuil ponceau habite et niche en Europe septentrionale, tandis que le bouvreuil pivoine se retrouve en France (sauf dans le midi et en Corse) ainsi qu'en Belgique, en Allemagne,  en Suisse, aux Pays-Bas et au Danemark. Le bouvreuil est un oiseau relativement discret. Il aime fréquenter les bois assez denses, les buissons touffus à la végétation broussailleuse, les parcs, les jardins ainsi que les vergers. En montagne, il se retrouve dans les forêts de conifères où il monte très haut.

            L'hiver venu, le bouvreuil ponceau migre en Europe méridionale depuis leur territoire situé au Nord. Mais, en bon nombre d'endroits, il est sédentaire. Le bouvreuil pivoine est, lui, sédentaire, où il erre en petite bande à la recherche de nourriture. Il est rejoint par le ponceau.

 

Nidification :

            Dans la nature, le bouvreuil aime construire son nid dans un buisson épineux, un thuyas, un petit résineux, etc… à une hauteur relativement faible au dessus du sol (généralement à moins de 2 mètres du sol). Pendant la construction du nid, le mâle, qui a choisit l'emplacement, accompagne fidèlement sa femelle qui bâtit le nid avec des brindilles sèches de bois, d'herbes, de poils, de plumes, de lichens, etc… Pendant toute cette période, le couple se dissimule avec soin. En captivité, le bouvreuil va nicher dans des fagots de végétations suspendus dans la volière ou encore dans une cage d'élevage s'il est bien habitué. La volière commune est à éviter car le bouvreuil aime être au calme durant la période de reproduction, ne supportant aucun congénères dans la même volière mis à part son partenaire. Il peut utiliser des nids type canari, qu'il va garnir de fibres de coco, de charpie, d'herbes sèches, de plumes, de mousses, etc…, ou encore il peut construire son nid lui-même s'il dispose de cachettes. Il peut également se servir d'un vieux nid de merle ou de grive.

            Pendant la période nuptiale, le mâle chante de plus en plus. Il va prendre une brindille dans son bec et sautiller autour de la femelle en gonflant son plumage. La femelle va pousser des petits cris et entamer également des petits sauts, allant et revenant vers le mâle. Les rectrices de leur queue sont également écartées. Les deux oiseaux donnent ainsi l'impression de danser. De plus, la becquetée avec la femelle est un autre signe de pré accouplement.

            Deux couvées peuvent être réalisées chaque année, d'avril jusqu'en août. La femelle pond quatre à six œufs au fond bleu pâle tacheté de roux, de dimensions moyennes de 21,4*14,8 mm pour le ponceau et de 19,3*14,4 mm pour le pivoine, que la femelle couve seule 13 à 14 jours, tandis que le mâle la nourrit au nid. La femelle ne réchauffe plus ces jeunes vers le 11ème jour après la naissance. Les jeunes quittent le nid entre le 15ème et 17ème jour. L'élevage des petits est assuré par les deux parents. Néanmoins, il est conseillé de laisser la femelle élever seule ses jeunes, le mâle étant placé dans une cage concours, car il a la fâcheuse habitude de tuer les jeunes. Ce problème est dû notamment à une nourriture très riche en captivité, surtout avec les vers de farine qui l'incite à se reproduire.

 

Nourriture :

            Le bouvreuil est un végétarien, se nourrissant principalement de graines, semences végétales, baies, bourgeons. Lorsque l'occasion se présente, quelques insectes complètent son menu, surtout en période de reproduction.

            En captivité, un mélange pour bouvreuils lui convient, en ajoutant éventuellement des graines de tournesol. Il appréciera également la verdure et toutes les graines des plantes sauvages, tels que le pissenlit, le chiendent, la reine des près, le chardon, la salade, etc… sans oublier les fruits et légumes. La pâtée pour canari complétera son menu. Il est conseillé de donner une alimentation animale durant la saison de reproduction, tel que des vers de farine, teignes de ruches, chenilles, etc… Un os de sèche sera toujours présent dans la volière pour éviter un manque de calcium.

 

 La mue juvénile : la coccidiose.

            Au moment de la mue, les jeunes bouvreuils sont affaiblis par le renouvellement de leur plumage. C'est à cette période cruciale que la coccidiose peut faire des ravages, entraînant la mort des jeunes. Cette maladie intestinale est souvent transmise par les parents, porteurs de la coccidiose, et qui transmet cette dernière par l'intermédiaire de l'oeuf à leurs futures progénitures. La coccidiose est une maladie parasitaire interne, provoquée par des organismes unicellulaires appelés coccidies (protozoaires), colonisant la muqueuse intestinale des oiseaux, où ils se reproduisent directement. La présence de ces coccidies dans l'intestin peut être mise en évidence par une coproscopie (observation de fientes au microscope). Cette maladie se manifeste par une diarrhée verdâtre intense, avec amaigrissement de l'oiseau et apathie, et, au stade final, une mortalité entre la 5ème et la 10ème semaine après la naissance. Comme traitement préventif ou curatif, il existe des médicaments "anticoccidiens", comme par exemple Baycox, ESB3,  Trisulmix ou encore Océcoxil.

Dans le cas de l'océcoxil des laboratoires VIRBAC, l'association sulfadiméthoxine et pyriméthane permet une action bactéricide puissante, utilisé ainsi pour le traitement de la coccidiose et de la lankesterellose. Pour le traitement préventif, il faut ajouter 5 gouttes dans 60ml d'eau durant 3 jours par semaine de la 5ème semaine à la 10ème semaine de vie de l'oisillon. Dans le cas d'un traitement curatif, il s'agit du même dosage mais utilisé durant 5 jours d'affilés. Néanmoins, il ne faut pas administrer ce traitement chez les femelles en reproduction, dû fait que certaines espèces sensibles ne peuvent pas se reproduire en présence de sulfamides (car cela peut provoquer une stérilité temporaire).

D'autres traitements aussi efficaces sont sur le marché, tel que Baycox des laboratoires Bayer qui est un anticoccidien valable pour les canaris et petits oiseaux exotiques séjournant souvent au sol (Pytilies et autres Estrildidés), ou bien encore l'ESB3 qui est souvent utilisé par les éleveurs de Fringillidés ou de volailles. L'ESB3 est présenté sous la forme d'une poudre soluble dans l'eau. La substance active, la sulfaclozine, est un agent chimiothérapeutique et appartient au groupe chimique des sulfamides (comme l'océcoxil). S'ajoute également Trisulmix liquide, des laboratoires Coophavet, qui est une association de sulfadiméthoxine et de trimethoprime, dont la posologie est, en traitement préventif, 0,5 ml par litre d'eau, et, en traitement curatif, 1 ml par litre d'eau. La durée de ce traitement est de 5 jours consécutifs.

Après tout traitement anticoccidien, il est conseillé de donner, pendant 3 à 5 jours, un bon complément vitaminé aux oiseaux, avec éventuellement des probiotiques (comme par exemple Océproven des laboratoires Viguié-Virbac) pour reconstituer la flore intestinale qui protège naturellement l'oiseau contre les agressions microbiennes.

            De plus, la chaleur et l'humidité sont des facteurs de risque par rapport à cette maladie. Ainsi, si, dès le sevrage, les jeunes bouvreuils se retrouvent dans un endroit bien sec, la mortalité due à cette maladie est fortement diminuée ; associé avec un traitement préventif "anticoccidiens" utilisé dès le sevrage et jusqu'au début de la mue, le taux de mortalité sera quasiment nul. Il ne faut pas non plus oublier de bien nettoyer et désinfecter régulièrement la cage ou volière et les accessoires, afin d'éviter la contamination par les fientes.

NB : Les médicaments cités ci-dessus sont des anti-infectieux, ils ont une action antibactérienne et antiseptique. Les traitements "préventifs" répétés sans raison conduisent à l'inefficacité des produits et à l'accoutumance des oiseaux qui ne peuvent plus vivre sans médicaments. Faire dès lors attention à leur prescription. De plus, d'une façon générale, les sulfamides entraînent une stérilité provisoire ; il ne faut donc pas donner ce type de traitement pour les oiseaux en reproduction.

 

Législation pour la France :

            Les bouvreuils d'Europe en mutation (reconnus par la COM) sont reconnus comme espèce domestique (arrêté du 10 août 2004). Par contre, en phénotype sauvage, le Certificat de Capacité est nécessaire. Renseignez-vous auprès de votre DDSV pour plus de renseignements. 

 

Sources et liens intéressants :

http://www.eleveur-de-carduelines.com/fiche_article.asp?choice=6

http://daniel.parc.free.fr/bouvreuil_pivoine/index_pivoine.htm

http://daniel.parc.free.fr/bouvreuil_ponceau/index_ponceau.htm

 

 

Auteur : JONAS Grégory.

Les photos présentes sur cet article ont été prises par l'auteur de l'article à l'occasion du National UOF 2006 à Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais, 62).



17/05/2007
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